Quand le guide principal et la page sur le modèle de menace concluent qu'une offre gratuite grand public ne suffit pas, plusieurs options existent. Aucune n'est universelle : chacune protège contre certaines choses et pas d'autres. Cette page les décrit par ce qu'elles couvrent réellement, sans citer de marque.

L'offre gratuite d'un fournisseur payant audité

Plusieurs éditeurs qui vendent un abonnement, et qui ont fait auditer leur politique de non-journalisation, proposent une version gratuite dérivée. C'est le cas de figure le plus favorable parmi les options réellement gratuites : la version gratuite hérite en général de la même infrastructure, de la même politique de confidentialité et du même audit que l'offre payante. Ce que l'on conserve : le chiffrement du tunnel, une politique de journalisation vérifiée, une juridiction connue. Ce que l'on perd : le débit, le nombre de serveurs, souvent le choix du pays, et le nombre d'appareils. Pour un usage de confidentialité courante, c'est un point de départ défendable.

La fenêtre satisfait-ou-remboursé et l'essai

Utiliser temporairement un service payant complet, dans le cadre d'une garantie de remboursement ou d'une période d'essai, est une option légitime pour un besoin ponctuel et délimité : un déplacement, une période précise, une vérification. On dispose alors de l'ensemble des fonctions — débit, serveurs, audit, support — sans engagement durable. La limite est éthique et pratique : cette approche n'a de sens que pour un usage réellement borné dans le temps, et le remboursement suppose de respecter les conditions annoncées.

Le VPN auto-hébergé sur un serveur privé virtuel

Installer soi-même un serveur WireGuard ou OpenVPN sur un serveur privé virtuel loué chez un hébergeur donne un contrôle total sur la configuration et sur les journaux, puisque c'est vous qui les administrez. C'est une bonne solution pour relocaliser son adresse IP, sécuriser une connexion sur réseau hostile, ou accéder à distance à un réseau domestique. Ce n'est pas une solution d'anonymat : l'adresse IP du serveur n'est utilisée que par vous, elle vous est donc directement attribuable, et le serveur est lié à un contrat et à un moyen de paiement à votre nom. L'hébergeur, lui, voit le trafic sortir de votre serveur. Le coût est celui du serveur, quelques euros par mois, plus le temps de mise en place et de maintenance.

Le navigateur à routage en oignon

Un navigateur qui fait passer le trafic par un réseau à routage en oignon distribue la confiance entre plusieurs relais indépendants : aucun relais ne connaît à la fois votre identité et votre destination. C'est l'outil de référence quand l'objectif est l'anonymat réseau face à un adversaire puissant. Contreparties : la navigation est nettement plus lente, certains sites bloquent ou dégradent l'accès, et l'usage exige des précautions (ne pas se connecter à des comptes nominatifs, ne pas modifier la fenêtre, ne pas installer d'extensions). Il protège la session de navigation, pas les autres applications du système.

Le proxy chiffré et les services de transport

Certains services grand public chiffrent le transport et la résolution DNS entre votre appareil et leur infrastructure, sans se présenter comme des VPN de confidentialité. Ils améliorent la situation face à un observateur du réseau local et face à un fournisseur d'accès qui lit les requêtes DNS en clair. Ils ne masquent pas nécessairement votre adresse IP vis-à-vis des sites, et ne conviennent pas à un besoin d'anonymat. C'est un intermédiaire utile pour durcir la connexion quotidienne, pas un outil de dissimulation.

Le relais vers son propre réseau

Les outils qui créent un réseau privé chiffré entre vos appareils, ou qui exposent votre connexion domestique à vos appareils nomades, servent à accéder à distance à vos ressources et à sortir par votre connexion habituelle. Ils ne vous protègent pas d'un adversaire qui surveille cette connexion domestique, puisque c'est elle que vous utilisez. Leur objet est la continuité d'accès, pas le contournement.

Le DNS chiffré seul

Activer un résolveur DNS chiffré — par les protocoles DoH ou DoT, intégrés aux systèmes et navigateurs récents — empêche votre fournisseur d'accès et un observateur local de lire directement la liste des domaines que vous consultez, et bloque une forme courante de filtrage. C'est gratuit, sans application tierce, et sans intermédiaire qui voit l'ensemble de votre trafic. Les limites sont nettes : le DNS chiffré ne masque pas votre adresse IP, ne chiffre pas le reste de la connexion au-delà de ce que fait déjà HTTPS, et l'adresse de destination reste visible. C'est un durcissement utile de la connexion quotidienne, pas un substitut de VPN, mais il couvre à lui seul une partie de ce que beaucoup de gens attendent d'un VPN gratuit.

Le partage de connexion depuis un mobile

Pour éviter un réseau Wi-Fi public douteux, partager la connexion de données de son téléphone vers son ordinateur est une solution simple et souvent négligée. Le trafic passe alors par le réseau de l'opérateur mobile plutôt que par un point d'accès inconnu, ce qui écarte l'adversaire « autre utilisateur du même réseau ». L'opérateur mobile voit toujours votre trafic, comme n'importe quel fournisseur d'accès, et votre adresse IP n'est pas masquée vis-à-vis des sites. Mais pour le cas précis du réseau public hostile, c'est une réponse gratuite, sans installation et sans intermédiaire supplémentaire.

Ce qui ne protège pas, malgré les apparences

Trois confusions fréquentes méritent d'être levées. Le mode de navigation privée d'un navigateur n'efface que l'historique local : il ne masque rien vis-à-vis du fournisseur d'accès, des sites ou du réseau. HTTPS chiffre le contenu des échanges mais laisse visibles les domaines contactés et votre adresse IP. Enfin, changer de moteur de recherche améliore la confidentialité vis-à-vis de ce moteur, sans effet sur le transport réseau. Aucun de ces réglages n'est inutile, mais aucun ne remplit la fonction d'un VPN, et les présenter comme équivalents conduit à de mauvais choix.

Choisir selon le besoin réel

Le coût réel d'une alternative « gratuite »

Aucune de ces options n'est sans contrepartie. Le navigateur à routage en oignon coûte du temps et du confort à chaque session. L'auto-hébergement coûte quelques euros de serveur par mois, plus une mise en place technique et une maintenance : appliquer les mises à jour de sécurité, surveiller que le service tourne, renouveler la location. Le DNS chiffré et le partage de connexion sont réellement gratuits mais ne couvrent qu'une fraction du besoin. La fenêtre satisfait-ou-remboursé demande de la rigueur pour respecter les conditions et penser à résilier. Évaluer une alternative, c'est donc mettre en regard ce qu'elle protège et ce qu'elle exige — en argent, en temps, en discipline — exactement comme pour une offre gratuite classique.

Ce qu'il faut retenir

Il n'existe pas d'alternative gratuite qui remplace un abonnement complet audité sur tous les plans. Il existe, pour chaque besoin précis, une option adaptée : l'offre gratuite d'un fournisseur audité pour la confidentialité courante, le navigateur à routage en oignon pour l'anonymat, l'auto-hébergement pour le contrôle. Repartez de votre modèle de menace pour trancher, et revenez au guide principal pour la vue d'ensemble de la grille.